La Presse Canadienne

Villiers-le-Bel: l'IGPN écarte pour l'instant la responsabilité des policiers

lundi 26 nov, 13 h 51

Associated Press

PUBLICITÉ

VILLIERS-LE-BEL, France - L'Inspection générale de la police nationale (IGPN), chargée de l'enquête sur la mort de deux adolescents dont la mini-moto a percuté dimanche une voiture de police à Villiers-le-Bel, en France, semble écarter pour l'instant la responsabilité des policiers qui se trouvaient dans le véhicule, a-t-on indiqué lundi de sources policières.

Le drame, qui a eu lieu vers 17 h 30, a déclenché des heurts entre groupes de jeunes et policiers. Vingt policiers ont été blessés, dont deux grièvement, ainsi qu'un pompier, selon le dernier bilan fourni par la préfecture du Val d'Oise. Le commissaire de Sarcelles, qui avait tenté de parlementer avec des jeunes, a été sérieusement touché à la tête et au thorax, et a dû être hospitalisé.

Visé par des cocktails Molotov, le commissariat de Villiers-le-Bel a été détruit. Celui d'Arnouville-le-Grand a été saccagé, tout comme le restaurant McDonald's de Villiers-le-Bel et plusieurs commerces. L'une des huit personnes interpellées a été trouvée en possession de bijoux volés dans l'un des magasins. Une quinzaine de voitures ont été brûlées et plusieurs feux de poubelles ont dû être éteints par les pompiers.

La procureure de la République de Pontoise, Marie-Thérèse de Givry, a déclaré que l'enquête, confiée à l'IPGN pour "homicide involontaire" et "non assistance à personnes en danger", allait permettre de déterminer "les circonstances exactes de cet accident de la circulation". "Il n'y a pas d'information judiciaire d'ouverte, c'est une enquête confiée à l'IPGN et à la Sûreté départementale", a-t-elle précisé.

Selon les premiers éléments de l'enquête de l'IGPN, le véhicule de police patrouillait et n'était pas en intervention. Il n'avait ni gyrophare, ni avertisseur sonore, et roulait à une vitesse comprise entre 40 et 50 km/h lorsque la moto a surgi sur le côté gauche.

Deux jeunes de 15 et 16 ans, qui roulaient sans casque, conduisaient cette mini-moto de 80cm3 non immatriculée et donc non autorisée à circuler sur la voie publique, précisait-on de même source, en ajoutant qu'un témoin des faits avait confirmé cette version. Le contrôle d'alcoolémie des deux policiers s'est avéré négatif.

Interrogée sur LCI, Mme De Givry a précisé en fin d'après-midi que l'expertise d'accidentologie confirmait la déclaration des policiers et du témoin. "La mini-moto avait sa troisième vitesse engagée, donc elle était à la vitesse maximum", a-t-elle notamment remarqué.

"Les éléments que nous avons, c'est que les policiers ont de toute façon porté assistance aux victimes, ils ont eux-mêmes appelé les pompiers", a-t-elle souligné. Une version contestée notamment par Slimane Erraji, l'oncle d'une des victimes: "Qu'on dise que c'est un accident et qu'on se sauve, je dis bien se sauver, alors qu'on représente la loi... Je n'arrive pas à admettre ça", a-t-il lancé.

"Nous sommes en train d'exploiter les bandes et les enregistrements radio qui nous donneront des éléments objectifs", a assuré la procureure. Mme De Givry a également observé que les investigations se poursuivaient et qu'il faudrait sans doute attendre trois ou quatre jours avant le rapport définitif. Elle a annoncé que le préfet avait mis en place un dispositif de sécurité spécial à Villiers-le-Bel.

Tout comme le maire socialiste de la ville, Didier Vaillant, Nicolas Sarkozy, en marge de son déplacement en Chine, a appelé à l'apaisement, alors que la situation restait tendue sur place lundi soir. "Je souhaite que chacun s'apaise et qu'on laisse la justice déterminer les responsabilités des uns et des autres", a déclaré le chef de l'Etat.

La ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, qui s'est rendue sur place à la mi-journée, a déclaré qu'il fallait désormais établir "les causes, les circonstances de ce qui s'est passé", alors que le premier ministre François Fillon a téléphoné aux parents des deux jeunes tués "pour leur présenter ses condoléances et les assurer de sa volonté de rechercher la vérité dans cette affaire".

Quant au premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, il a estimé sur France-inter que ces incidents "traduisent une crise sociale et politique", et a demandé au gouvernement de donner "toutes les informations sur ce qui s'est passé avec l'accident, qu'on ne retrouve pas Clichy". Il faisait référence aux émeutes urbaines de l'automne 2005 déclenchées par les décès par électrocution, dans un transformateur d'EDF, de deux jeunes qui étaient recherchés par des policiers à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis).

RECOMMANDEZ CET ARTICLE

Notez-la ou Votez:

Moyenne (Not Rated)

0.0 Étoiles

Copyright © 2007 Yahoo! Canada Co. Tous droits réservés. Protection de la vie privée - Conditions d'utilisation
Besoin d'aide ? Commentaires et suggestions.